Le conseil national de la sécurité routière (ou CNSR) a été créé le 28 août 2001 par le CISR et mis en place le 25 octobre 2001. Mis en sommeil en 2008, il est réinstallé par le ministre de l'intérieur Manuel Valls en 2012, à la grande satisfaction des associations y participant.
On peut hélas constater l'absence d'associations représentant les professionnels du transport, les conducteurs de 2-roues ainsi que les automobilistes. Cela est vivement contesté par ces dernières.
Son rôle est d'élaborer et d'évaluer la politique des pouvoirs publics en matière de sécurité routière. Il est chargé de formuler au gouvernement des propositions en matière de sécurité routière et de réaliser des contrôles afin d'évaluer les actions mises en place chaque année. Pour cela, il possède tout pouvoir pour lancer des études ou recherches qu'il pourrait penser être utiles concernant la sécurité routière. Il doit faire un rapport au ministre chargé des Transports, également rendu public.
Depuis quelques temps, certains membres du CNSR voient en l'abaissement de la vitesse limite de 90 à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles, une manière de baisser le nombre de tués sur les routes françaises. Cette mesure pourrait sauver 450 vies chaque année.
À l'image de Chantal Perrichon qui n’hésite pas de lancer au ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve : « Vous n'atteindrez pas l'objectif fixé en 2020 de passer sous le seuil des 2 000 tués par an… ». En effet le ministre venait d’annoncer, je cite : « Cette mesure d'abaissement de la vitesse maximale autorisée ne peut être envisagée que de façon expérimentale et sur quelques segments très accidentogènes », et de préciser : « une mesure quelle qu'elle soit ne peut être bien appliquée que si elle est comprise », et « que si elle est perçue (…) comme utile et rationnelle ».
De quoi jeter un certain trouble dans l'assemblée...
Que de Bla Bla…
Et si pour une fois Chantal Perrichon avait raison… ! ?
En effet le ministre ne souhaitant pas généraliser l'abaissement de la vitesse limite de 90 à 80 km/h et ce en dépit des recommandations de certains membres du CNSR, Madame Chantal Perrichon se pose la question suivante : «À quoi sert le CNSR… ? »
Moi, je dirais : à RIEN… !
En effet, certains membres du CNSR veulent nous imposer l'abaissement de la vitesse limite de 90 à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles, pourquoi pas ! ?
Mais sur quelles bases, sur quels rapports !
Le CNRS a-t-il créé une carte des lieux accidentogènes en France ? Est-il l’auteur d’un rapport sur la causalité des accidents mortels en France ?
Le CNSR a-t-il consulté les Présidents de chaque Conseil général qui je le rappelle, sont chargé de la police de la circulation sur le domaine public départemental hors agglomération sous réserves des attributions dévolues aux Maires et au représentant de l'État au titre de ses pouvoirs de police sur les routes à grande circulation. (Article L. 3221-4 du Code général des Collectivités territoriales) ?
Le CNSR a-t-il consulté les Maires chargés de la police de la circulation à l'intérieur de des agglomérations sur l'ensemble de la voirie, y compris sur les routes départementales, (Article L. 2213-1 du Code général des Collectivités territoriales) ?
Si cela est le cas, qu’attendent nos « très chers » délégués du CNSR pour dévoiler ce rapport, pour dévoiler cette carte ?
Et là, les français, pas plus idiots qu’eux, comprendraient le besoin impératif de baisser la vitesse limite de 90 à 80 km/h.
Mais ce qui me chagrine le plus, c’est que dans chaque département, il existe une commission départementale de la sécurité routière (ou le CDSR), présidée par le Préfet.
Ces commissions sont aux faits même des réalités du terrain.
Nos préfets prennent déjà des décisions sur les politiques de sécurité routières à mener dans leur département… (Voir le rapport « Document général d’orientations pour la sécurité routière en Sarthe » Cliquez ici…) Je vous invite fortement à lire ce rapport…Il est superbement bien fait…
« Concernant le nombre de tués (39), l'année 2012 marque une évolution positive par rapport à 2011. Pour autant le nombre de tués sur l'année reste dans la moyenne relevée sur la période 2007-2011. Cette mortalité qui stagne autour d'une quarantaine de décès par an traduit notamment une difficulté à sensibiliser une minorité de conducteurs qui maintiennent des pratiques de conduite très risquées. » Dixit le rapport
Ces 2 phrases sorties du rapport résume à elles seules, les problèmes auxquels il faut s’attaquer !
1- « Sensibiliser une minorité de conducteurs qui maintiennent des pratiques de conduite très risquées. »
2- «Un certain nombre de conducteurs ne sont plus réceptifs aux règles du code de la route, et peuvent être considérés comme de vrais délinquants de la route. Ils adoptent sciemment un comportement chronique qui peut conduire à des situations de danger grave. Ainsi, les conduites sous l'emprise de l'alcool, de stupéfiants, à de très hautes vitesses sont de plus en plus nombreuses. Il en va de même pour les conduites sans permis, sans assurance.
L'objectif sera de faire en sorte de ne plus permettre de s'affranchir des règles. »
A la lecture de ce rapport, je peux vous l’assurer, tout préfet qui me demanderait de participer aux axes prioritaires d'actions, à la mise en pratique sur le terrain aurait mon accord, sans aucune réserve.
Le CNSR, pense-t-il que nos préfets sont incompétents pour ne pas prendre les mesures adéquates pour la sécurité de tous ?
Le CNSR pense-il que les préfets ne réagissent pas lorsqu’ils apprennent qu’un lieu, qu’un tronçon de route est accidentogène ?
C’est vraiment prendre nos acteurs locaux pour des bons à rien… !
Alors que de Bla, Bla.. !
Que de structures ne servant pas à grand-chose, si ce n’est qu’à sustenter quelques personnes assoiffées de « réunionites »… !
Supprimons purement et simplement le CNSR, le CISR et laissons tout simplement nos préfets décider de ce qui est bon ou pas bon et ce en concertation avec la commission départementale de la sécurité routière, concernant la politique de sécurité routière à mener au sein de son département.
Pour aider le préfet de chaque département à prendre ses décisions, il suffirait d’inclure aux commissions départementales de la sécurité routière des associations représentant les professionnels du transport, les conducteurs de 2-roues ainsi que les automobilistes et là, j’en suis persuadé, la sécurité routière, la « VRAIE » y gagnerait… !
Enfin, cessons en France, de confondre les « pouvoirs généraux de police » définis aux articles R411-1 et suivants du Code de la Route avec les « pouvoirs généreux » de l’état… (Sans article pour les définir…) !

